CORAN

Dans l’intention de rapprocher deux cultures profondément différentes, au point d’influencer la forma mentis, l’artiste entreprend un voyage métaphorique de l’Occident à l’Orient. En ce qui concerne l’art, qui est représenté dans son véritable aspect global, il met en scène 1 300 plaques, chacune mesurant 67×96 cm, représentant le texte du Coran. Il apparaît dans sa majesté une œuvre entièrement originale, un unicum.

En s’imaginant feuilleter un énorme livre, on peut lire la page entière du Coran, que l’artiste transcrit en arabe avec une extrême précision à l’aide d’un pinceau, en mettant en évidence le verset représenté avec des couleurs différentes de celles du texte à l’intérieur. Il manifeste le sentiment personnel perçu dans l’acte créatif en appliquant des couleurs différentes sur le fond de chaque panneau, indiquant le numéro de la page de référence du Coran et le numéro du verset dont s’inspire la représentation picturale, afin de rendre le message plus exploitable. Maître reconnu, il présente une figuration fascinante de formes complexes, soulignées par des perspectives, des fonds, des coupes, des éléments figuratifs qui flottent dans une atmosphère pleine de suggestions, poussés par une grande force émotionnelle et d’imagination. Mystérieusement, il annonce le Message comme un élément pivot qui se transforme en lyrisme chromatique, chargé de significations cachées, où le divin et la richesse de l’invention graphique sont liés par une tension qui va jusqu’à l’enchantement dans lequel l’inconnu se révèle miraculeusement et dans lequel il est possible d’identifier le devenir de l’homme.

Opere Corano Acrilico su Legno - Karam Cannarella

Page 32 – Verset 204, 205
Acrylique sur bois
97×65 cm. – 1994

Établissant un dialogue entre l’expressionnisme abstrait et le surréalisme chargé de la force émotionnelle de l’imagination d’une réalité figurative, d’un monde métaphysique, l’artiste met en scène sa dimension artistique personnelle, cherchant une grammaire qui permette à la puissance dogmatique des images de communiquer la puissance de la lettre coranique. À travers un langage pictural de communication visuelle habile, doté de tons, de juxtapositions et de contrastes, de symboles et de formes, l’artiste, avec un esprit moderne et plein de culture, met en scène le moment idéationnel dans la traduction par l’image de l’émotion intérieure perçue par le son de la Parole divine qui se transforme en lyrisme chromatique, porteur de significations cachées. Il articule avec une maîtrise totale l’interprétation du Verbe dans des images picturales où la composition est soutenue par un lien intime avec le sujet, poétiquement transfiguré en synthèses chromatiques par son geste pictural d’où transpire une grande partie de sa sensibilité poétique.
Il produit son art abstrait-géométrique en signes pictographiques, animés par une intense énergie intérieure qui les transforme en entités biomorphiques informelles ; le tout dans une œuvre omnia, conçue comme un seul ensemble compact et homogène, cherchant, et avec succès, à atteindre une coïncidence parfaite entre structure et forme, entre signifiant et signifié, où chacun des deux termes apparaît inséparable de l’autre.

Autorizzazioni opere sul Corano

Avec ce long travail qui m’appartient, je ne voulais absolument pas donner des cours coraniques (je tiens à le souligner) mais simplement l’art. Puisque tout le monde peut parler du Coran, pourquoi ne pas le faire à travers la peinture, les couleurs ? Évidemment, comme il n’est pas permis d’utiliser l’iconographie, j’ai dû m’arranger autrement, tout en respectant toujours tous les diktats imposés par l’Islam. Et le résultat a également été très apprécié par les plus hautes institutions musulmanes. En fait, mes travaux ont obtenu l’approbation documentée de la prestigieuse Académie égyptienne de recherche islamique Al-Azhar Al-Sharif, et ont attiré l’attention de nombreux pays islamiques, dont l’Arabie saoudite. En 1995, en effet, à Riyad, le ministère saoudien de la Culture a organisé mon personnel avec des travaux sur le Coran, intitulé “Royaume d’Arabie saoudite” et parrainé par le prince saoudien Faisal Bin Fahad Bin Abdul Aziz et le président général Ibrahim Ali Al Ali. Le journal national “Al Riad” (7 juin 1995) a également évoqué l’événement, qui a rencontré un vif succès.”

Karam Cannarella